La Boite à Code

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Conseils aux enseignants pour la rentrée scolaire

Voici un Document-ressource créé à partir du site ASH de l'académie de Lyon et complété par les enseignantes spécialisées sur la surdité le 27 novembre 2014 membres de la mission ASH de la Direction académique de l'Education nationale du Gers.

Quelques conseils aux enseignant(e)s pour accueillir et accompagner un élève présentant une déficience auditive en classe. 

Objectif du document-ressource : Informer « vos » élèves sur les particularités de leur camarade déficents auditifs (DA). 

La surdité engendre des aménagements que les autres élèves ne doivent pas considérer comme des privilèges : mobilité (besoin de vérifier des informations), attention particulière de l'enseignant, présence d'un codeur, aide d'un enseignant spécialisé... 

  1. Conseils pour l'enseignant(e) : La lecture labiale et l'expression du visage sont deux éléments essentiels pour la réception et la compréhension du message :
  2. _ Adopter une attitude expressive, mimer au besoin ce qui peut l'être.
  3. _ Se placer face à la lumière.
  4. _ Ne pas trop circuler en parlant.
  5. _ Eviter d'arpenter la classe et de disparaître du champ de vision de l'élève DA.
  6. _ Attirer son attention avant de parler.
  7. _ Rester face à l'élève lors des explications orales.
  8. _ Donner les consignes dans l'ordre chronologique.
  9. _ Eviter de parler avec les mains devant la bouche
  10. _ Ne pas parler en écrivant au tableau.
  11. _ Articuler sans exagération, conserver un niveau de langage, un débit et une intensité de parole naturels.
  12. _ Parler de façon ni trop lente, ni trop rapide, avec un débit modéré.
  13. _ Soigner l'écriture au tableau.
  14. _ Eviter de porter des lunettes teintées ou qui brillent trop. _ Eviter de regarder ailleurs en parlant, le regarder dans les yeux.
  15. _  Etablir en classe des conditions optimales de réception des messages : silence, tour de rôle de parole, se signaler à la prise de parole.
  16. _ le mettre près d'un bon élève accueillant susceptible de lui apporter son aide en cas de besoin. (Point positif pour ce camarade)
  17. _ aménagement scolaire en fonction des cycles (inscrit en cycle 3 mais possibilité de participer à des activités de cycle 2)
  18. _ cours ou documents sur clé USB
  19. _ savoir répéter à l'identique la première fois et ensuite adapter son discours en simplifiant la phrase lorsque de toute évidence l'élève n'a pas compris. Certaines personnes sourdes ont appris tout à fait artificiellement le langage ( avec beaucoup d'orthophonie) et la polysémie des mots leur pose problème.
  20. _S'assurer en priorité que les consignes de travail ont bien été appréhendées car même s'ils pensent avoir compris il se peut qu'ils n'aient pas bien compris.

Conseils spécifiques pour l'aménagement de la classe

Les bruits de fond divers sont très amplifiés par les prothèses auditives. Ils sont une perturbation pour la réception, la discrimination et la compréhension de la parole. Un équipement FM (micro HF, modulation de fréquence) peut améliorer la perception auditive : 

_ La classe doit être calme et bien éclairée. 

_ Enfin, elle doit disposer d'un grand tableau, bien visible, qui ne luise pas aux réverbérations de la lumière (soleil, néon mal placé, etc). Comment placer les élèves dans la classe ? 

_ Il n'y a pas de règle absolue, il est souhaitable de placer l'élève le dos à la lumière, non loin du tableau. 

_ Le premier rang est préconisé pour la lecture labiale mais déconseillé pour la participation aux échanges avec la classe. Le deuxième rang est idéal pour lui permettre de voir tout le tableau, le visage de l'enseignant, les réactions des autres élèves. Les situations liées aux différentes disciplines et activités pédagogiques Il est souhaitable que le jeune DA ait un maximum d'informations visuelles. Illustrations, croquis, écrit pour remplacer, compléter tout ce qu'il ne peut pas recevoir auditivement. 

Généralités La prise de notes L'élève DA ne peut suivre en même temps la lecture sur les lèvres de l'enseignant qui parle et le texte à écrire. La prise de notes est très problématique. L'élève DA doit disposer d'une photocopie ou recopier les notes d'un camarade placé à côté de lui. Les documents sonores, disques, enregistrements magnétiques (ils doivent être de très bonne qualité) L'élève doit pouvoir disposer d'une transcription ou d'une explication de ces documents. La projection de diapositives Dans le noir l'élève DA ne peut bénéficier du commentaire oral. Pour lui permettre de suivre sur les lèvres, le professeur doit penser à éclairer son visage, de manière satisfaisante quand il donne des explications. La projection de films Lorsque cela est possible, il est préférable de choisir un film sous-titré. Dans le cas contraire, le jeune DA doit recevoir un maximum d'information, pour pouvoir comprendre. 

* Passage des consignes à l'oral Le cours oral 

Certains élèves DA ne peuvent intégrer qu'environ 1/3 du message oral. Il faut penser à écrire autant que possible au tableau pour compléter les informations données, les structurer (plan du cours), pour lever les ambiguïtés phonétiques. Le cours oral à partir de l'étude de documents Que ces documents soient exposés au tableau ou à la disposition des élèves, l'élève sourd ne peut dans le même temps les consulter et lire sur les lèvres du professeur les commentaires ou l'explication donnée. Il est donc conseillé de respecter une alternance de temps entre l'étude de ces documents par l'élève et les explications orales. L'exposé ou l'interrogation orale d'un autre élève Pour que l'élève DA puisse suivre cet échange, il faut que l'enseignant désigne du doigt l'élève interrogé pour qu'il soit identifié par l'élève sourd. L'élève interrogé et l'enseignant doivent être placés face à l'élève sourd. Le débat L'élève DA ne peut suivre les échanges et y participer s'il ne voit pas ses camarades et si des règles strictes de prises de parole ne sont pas instaurées. Attention au passage d'une idée à l'autre. 

* Dans le domaine de la Maîtrise de la langue Même si l'élève peut suivre une scolarité en milieu ordinaire, il n'est pas, à la différence de l'élève entendant, imprégné de langue orale. Il est en difficulté face à la langue, notamment face à la polysémie des mots, aux expressions idiomatiques, aux changements de registres de langue, aux jeux de mots, à tout ce qui est implicite. On peut en général réduire la longueur du travail demandé. 

La dictée Elle représente de sérieuses difficultés pour l'enfant DA. Il faut toujours respecter l'alternance [écoute-écriture-écoute-écriture] pour dicter. Des textes à choix multiples peuvent être proposés ou des « canevas » pour que l'élève se canalise sur les vraies difficultés non sur « les petits mots de liaison » qui lui posent souvent problème La lecture Quand un élève de la classe lit un texte, l'élève DA ne peut ni l'entendre, ni le suivre sur les lèvres. Demander à l'élève voisin de suivre la lecture avec le doigt ou mieux, suivre le texte sur un transparent au rétroprojecteur. On pourra consulter les ouvrages de la collection "L'éducation des jeunes sourds: le projet linguistique" aux éditions du Centre National Supérieur de formation et de recherche pour l'éducation des jeunes handicapés et les enseignements adaptés de Suresnes ( 11 titres dont Apprendre la grammaire à l'enfant sourd, L'enseignement du vocabulaire, Langue et raisonnement, Apprendre à lire à l'enfant sourd...) très liés à la LSF. La lecture suivie L'élève DA ne peut suivre en même temps la lecture sur les lèvres du camarade qui lit et le texte écrit. Il est souhaitable qu'il lise avec un camarade qui indique la ligne du doigt et lui signale les questions éventuelles. 

* Dans le domaine des Mathématiques

L'élève DA peut faire des confusions sur des nombres aux sons proches (5 et 7, 6 et 10, 656 et 570, etc.). Le calcul mental rapide, les démonstrations de géométrie posent aussi des difficultés. Il est souhaitable que l'enfant dispose d'une trace écrite complète du raisonnement de la démonstration. Face à un raisonnement mathématique, il lui est difficile de manier plusieurs hypothèses, de choisir parmi un certain nombre de possibles la solution qui convient. ( On lira avec profit Françoise Duquesne Apprendre à raisonner en mathématiques au collège et au lycée, CNEFEI, Suresnes, 2002, remarquable ouvrage de recherche pédagogique autour des difficultés des élèves sourds en mathématiques et plus généralement face au raisonnement). 

* En Technologie-Sciences : En Sciences physiques Les manipulations sont la partie sensible du cours (et primordiale). Bien penser à présenter toutes les consignes avant chaque expérience ou mieux, les intégrer au sujet du TP. Les raisonnements expérimentaux d'interprétation des phénomènes peuvent être également source de problème car il faut observer tout en cherchant à comprendre. Les difficultés inhérentes aux mathématiques viennent ensuite se greffer aux difficultés scientifiques lors des raisonnements ou de l'utilisation des lois démontrées par l'expérience. 

* En Histoire-Géographie Eviter la prise de notes sous la dictée, qui est un tour de force pour l'élève DA. On pourra facilement lui fournir une photocopie du plan et de la trace écrite afin qu'il se repère plus aisément et évite les pires contresens. Attention, l'élève sourd suit peu ou mal les actualités nationales ou mondiales données par la télévision et à fortiori par la radio, il ne faut pas hésiter à vérifier que les évènements récents dont on veut parler en classe ont été correctement interprétés. Enfin les notions de l'histoire-géographie sont très complexes pour lui si elles ne sont rattachées à aucune expérience concrète (document visuel étudié en classe, sorties pédagogiques, expériences personnelles ou familiales, jeux de rôle. L'abondance du lexique doit être repensée dans cette optique. Il faut revenir souvent, en contexte, sur les notions fondamentales : économie, politique, société, population, milieu naturel, contraintes, pouvoir, état, révolution, évolution, crise, civilisations, culture, religion sont des mots vides de sens, trop vagues, trop abstraits. Il faut essayer de les rattacher à des exemples connus, à des images, à des supports visuels repérés. Ne pas hésiter à utiliser les schémas logiques et systémiques que les élèves mémorisent plus facilement qu'un long texte. 

* En Langues vivantes L'élève DA se réfèrera plutôt à l'écrit dans l'apprentissage des langues vivantes. Il serait préférable qu'il bénéficie de la trace écrite du texte que les autres enfants découvrent par voie orale. Il est aussi délicat d'évaluer un travail basé sur l'écoute pour un enfant déficient auditif. La seconde langue vivante est facultative pour l'élève sourd (circulaire n°2000.013 de 20.10.2000). Ces heures libérées peuvent être remplacées par du soutien scolaire. 

* En EPS Les salles spacieuses ( gymnases, terrains de sport ) gênent parfois la réception du message. Souvent l'élève DA complète les lacunes du message par l'imitation de ses camarades. On peut quand même vérifier sa compréhension avant de passer à l'exécution de l'exercice, surtout si celui-ci est nouveau et nécessite des consignes très pointues. Donner un signal plutôt visuel que sonore pour les départs A la piscine, vérifier que l'élève a retiré sa prothèse. 

*Pour les sorties extérieures (Visite de la ville, théâtre, activités sur le terrain, éducation physique...) Dans toutes ces situations, le problème est celui de la difficulté à transmettre les consignes en raison de l'éloignement. Il est donc judicieux de donner au préalable le maximum d'explications et de consignes à l'élève DA et d'en confier la responsabilité à un groupe de camarades ou de lui demander de rester à proximité suivant le cas. L'utilisation d'une liaison FM est très utile. Le plus difficile est d'être vigilant sur tous ces points sans pour cela stigmatiser l'élève sourd par rapport à ses camarades ni l'infantiliser et le surprotéger. Il est souhaitable que dès le collège, il acquière l'autonomie dont il aura besoin dans sa vie future. L'élève peut avoir à tendance à attendre l'aide systématique du professeur pour toute activité ou exercice, ce qui est bien sûr contre-productif ! Cependant, il faut tenir compte de la fatigue qui résulte de la lecture labiale et de la lourdeur de son emploi du temps hebdomadaire quand s'ajoutent aux heures de cours, l'orthophoniste, l'ORL, l'audioprothésiste, le soutien scolaire, les répétitions familiales. 

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